Programme pays 2021-2025

La vision globale qui sous-tend l’engagement danois au Burkina Faso pour la période 2021-2025 est de renforcer la paix et la stabilité au Burkina Faso dans le respect des principes de l’État de droit, et réduire la pauvreté et les inégalités à la faveur d’une meilleure résilience et d’une croissance économique durable. 

Les deux pays entendent promouvoir cette vision via trois objectifs stratégiques, conformément aux principaux objectifs nationaux de développement du Burkina Faso et aux priorités politiques danoises.

Vous trouverez ici de plus amples informations sur les différents projets du programme pays 2021-2025. 

Lire le cadre stratégique pour le Danemark au Burkina Faso 2021-2025 ici (en anglais).

Projet 1.1. Amélioration du système judiciaire et de l’accès à la justice

En dépit des efforts consentis ces dernières années, la justice burkinabè présente toujours un certain nombre de dysfonctionnements aussi bien institutionnels, structurels que fonctionnels. Le projet «Amélioration du système judiciaire et de l’accès à la justice » entend appuyer les efforts du Gouvernement visant l’amélioration du système judiciaire.

Il contribuera à garantir que la population burkinabè (notamment les femmes, les mineurs et les groupes vulnérables) bénéficie d’un système judiciaire plus efficace et plus accessible, qui assure le respect de leurs droits.

Un meilleur accès à la justice, une chaîne pénale efficace et un appareil judiciaire performant contribuent à restaurer la confiance de la population dans son système judiciaire.

  • Extrant 1 : L’accès à une justice de proximité efficace et efficiente est amélioré, notamment au profit des mineurs, des femmes et des populations vulnérables.
  • Extrant 2 : Le stock pénal et la surpopulation carcérale sont réduits à travers la modernisation et l’optimisation de la chaîne pénale.
  • Extrant 3 : Le cadre juridique assurant l’indépendance, l’impartialité et l’efficacité de la justice est revu et complété par un appui institutionnel.

Parmi les activités prévues sous les trois extrants, on trouve l’accompagnement des populations vulnérables à la justice formelle, la réduction de la distance judiciaire (physique et psychologique), l’optimisation de la justice traditionnelle (extrant 1), l’amélioration de l’efficacité de la procédure pénale, l’amélioration du dispositif judiciaire de répression des actes terroristes, l’amélioration du fonctionnement de la chaîne pénale (extrant 2), et la consolidation des textes juridiques, l’appui à l’Institut Technique des Services et l’appui à la numérisation de la justice (extrant 3).

D’un cout de 40 000 000 DKK, ce projet couvre la période 2021-2025 et entend consolider les acquis du précèdent appui du Danemark (2016-2020) dans le secteur de la justice. 

Projet 1.2. Amélioration de la confiance entre les populations et les forces de sécurité intérieure (police et gendarmerie)

Le Burkina Faso fait face aujourd’hui à de nombreux défis sécuritaires aussi bien internes qu’externes, qui ont un impact profond sur la gouvernance du secteur de la sécurité. Les difficultés d’adaptation à ce nouvel environnement stratégique constituent un défi majeur en termes opérationnels, mais aussi de gouvernance démocratique du secteur de la sécurité.

Cette projet permet aux forces de sécurité intérieure d’agir et d’intervenir de manière plus efficace pour garantir la protection des populations et de leurs biens et pour améliorer la sécurité à court, moyen et long terme en étroite collaboration avec les OSC dans le domaine des droits de l’Homme et de l’État de droit. Dans les provinces ciblées, les forces de sécurité intérieure apportent une protection plus efficace aux populations civiles dans le respect des droits de l’Homme et de l’État de droit, en lien avec les organisations de la société civile et les acteurs mobilisés dans le cadre des initiatives locales de sécurité.

  • Extrant 1 : Des normes, des standards et des pratiques respectueuses des droits de l’Homme et de l’État de droit gouvernent l’intervention des forces de sécurité intérieure.
  • Extrant 2 : La présence des forces de sécurité intérieure est plus efficace sur le terrain.
  • Extrant 3 : La collaboration entre les forces de sécurité intérieure et les populations est accrue (sources OSC et MSECU). 

Pour relever les défis dans le secteur de la securité, le projet entend, sous les trois extrants prévus, fournir des formations aux droits humains et dans des domaines spécialisés, actualiser et diffuser le cadre légal et institutionnel et renforcer la chaîne pénale (extrant 1) ; réhabiliter des infrastructures dans les régions-cibles les moins touchées par l‘insécurité (Boucle du Mouhoun et Ouagadougou), fournir un soutien en logistique et en équipement pour cinq postes de police et de gendarmerie dans chacune des régions-cibles et renforcer les moyens des services d’inspection interne des forces de police et de gendarmerie et les moyens de contrôle des institutions indépendantes (extrant 2) ; appuyer les espaces de dialogue dans trois communes de chacune des régions-cibles, soutenir les mesures de confiance entre les forces de sécurité intérieure et les populations dans trois communes de chacune des régions-cibles, et soutenir le rôle d’interface des organisations de la société civile (notamment via la plateforme pour le FOSEC) et des médias dans trois communes de chacune des régions-cibles (extrant 3). D’un cout de 40 000 000 DKK, ce projet couvre la période 2021-2025 et entend consolider les acquis du précèdent appui du Danemark (2016-2020) dans le secteur de la sécurité. 

Projet 1.3. Autonomisation des femmes (Fonds Commun Genre)

Le projet contribue à la mise en œuvre d’actions pertinentes et efficaces visant à réduire l’inégalité de genre à l’échelon national par des organisations de la société civiles (OSC), des acteurs privés, des partenaires techniques et financiers (PTF) et les autorités nationales. Des actions pertinentes et efficaces de réduction des inégalités de genre, d’accélération de la transition démographique, de promotion de l’autonomisation économique, sociale et politique des femmes sont mises en œuvre.

  • Extrant 1 : Les actions de promotion de l’abandon des VBG sont renforcées.
  • Extrant 2 : L’autonomisation économique et politique des femmes et des jeunes est renforcée.
  • Extrant 3 : La mise en œuvre des activités liées à la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes contribue à l’augmentation de la prévalence contraceptive et à la réduction des grossesses non désirées.
  • Extrant 4 : Les femmes et les jeunes sont plus impliqués dans la gestion des questions sécuritaires.

Le projet sera appuyé à travers la prise en compte de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), la maitrise de la croissance démographique, la place des femmes dans les défis sécuritaires, leur inclusion dans les mesures de consolidation de la paix, la représentativité accrue des femmes dans les instances décisionnelles du pays et la transversalité du genre dans l’élaboration et le suivi des politiques publiques, des projets et programmes par les institutions et les OSC. Le projet comporte aussi un volet sur l’autonomisation économique des femmes et des jeunes, ce qui contribuera à créer des communautés plus résilientes et prospères.

Projet 1.4. Promotion des droits humains, de la paix et de la cohésion sociale

Une société civile plus forte contribue au respect des droits humains, à la prévention des conflits et à la préservation de la cohésion sociale. Des OSC plus fortes, disposant de niveaux de compétence accrus, mettent en œuvre des actions de terrain de meilleure qualité, promouvant la paix et élargissant l’accès aux droits, notamment des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés.

  • Extrant 1 : Les droits humains sont promus, notamment auprès des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés (dont les personnes déplacées à l’intérieur du pays) et mieux respectés sur l’ensemble du territoire.
  • Extrant 2 : La préservation de la cohésion sociale, la résilience contre l’extrémisme violent ainsi que la consolidation de la paix sont renforcées, notamment avec la participation des femmes et des jeunes.
  • Extrant 3 : Le renforcement des capacités des OSC favorise une meilleure qualité des actions de terrain, permettant d’élargir l’accès aux droits ainsi qu’un dialogue accru avec le gouvernement. 

Le Fonds Commun Genre s’est révélé être un mécanisme judicieux pour appuyer à la fois les institutions gouvernementales, la société civile et le secteur privé sur un large éventail de questions telles que la violence basée sur le genre qui inclut la violation des droits sexuels et reproductifs, l’autonomisation et l’émancipation sociale et économique des femmes et la participation politique. Le Fond travaille également à promouvoir avec les partenaires nationaux la transversalité du genre dans tous les secteurs, projets et programmes de sorte que la dimension genre soit intégrée dans tous les aspects de la vie publique, politique et économique du pays. 

Projet 2.1. Appui conseil aux petites et moyennes entreprises agroalimentaires

Les petits et moyens opérateurs économiques de l’agriculture connaissent une croissance inclusive en termes de chiffre d’affaires et de création d’emplois.

  • Extrant 1 : Les services d’appui conseil sont fournis aux opérateurs éligibles. 
  • Extrant 2 : Les services de conseil permettent de mobiliser des financements bancaires/privés. 
  • Extrant 3 : Le nombre de producteurs à la base intensifiant leur production augmente.
  • Extrant 4 : Le revenu des producteurs liés à des opérateurs économiques de transformation de produits agricoles augmente. 

Le projet vise à soutenir la création de valeur ajoutée locale et la création d’emplois. L’accès à l’investissement privé reste un enjeu principal pour les petites et moyennes entreprises (PME). Le projet vise essentiellement l’appui à une centaine de PME dans le secteur de la transformation agroalimentaire pour accéder à des financements privés au sens large. Pour les entreprises informelles, l’accès au crédit reste la principale motivation pour passer au formel. Dans le cadre du Fonds Agro-industrie FAI 2018-2020, le précurseur du projet, cette assistance a été réalisée à travers les services de facilitateurs. Ces facilitateurs ont joué un rôle déterminant. Le projet continuera donc à utiliser les services des facilitateurs selon le même schéma. À travers un accès aux investissements privés, le projet vise à soutenir et à créer de l’emploi dans ces PME et à augmenter les revenus des réseaux de producteurs/productrices agricoles qui fournissent de la matière première à ces PME: les produits agricoles. Le projet vise également le renforcement du lien entre les PME de transformation et les producteur-fournisseurs locaux. 

Projet 2.2. Résilience communautaire dans le secteur agrosylvopastoral

Le projet vise à construire et renforcer la résilience communautaire au sein des ménages agrosylvopastoraux, y compris ceux des Personnes Déplacées Internes (PDI), dans les régions cibles du projet. L’objectif global du projet est de « construire et renforcer la résilience communautaire au sein des ménages agropastoraux, y compris ceux des PDI, dans les régions cibles du projet ». L’objectif global entraine la double tâche de relever les défis des communautés à la base en répondant (1) aux besoins humanitaires (relèvement précoce) et (2) aux besoins de développement à moyen et long terme. Le projet se trouvera ainsi à l’interface (ou « nexus ») entre l’humanitaire et le développement et comprendra des interventions appartenant aux approches des deux. Deux consortia d’ONG (Organisation Non Gouvernementale) ont été retenus pour la mise en œuvre.

Il s’agit de :

  • Le consortium SNV (Organisation néerlandaise de développement) et DRC (Danish Refugee Council ) avec un projet dénommé « Résilience communautaire dans le secteur agrosylvopastoral au Burkina Faso (ResCom) » pour un montant de 74 998 311 DKK. Le projet couvre 12 communes dans les régions du Nord (communes de Séguénéga, Ouahigouya, Arbollé, Thiou, Kossouka, et Yako) et de la boucle du Mouhoun (communes de Bomborokuy, Nouna, Fara, Djibasso, Siby et Dédougou). Le projet ResCom touchera 38 000 ménages, y compris les PDI, et assurera la sécurité alimentaire et nutritionnelle d’au moins 11 400 ménages, dont au moins 30% auront diversifié leur alimentation, 80% des ménages ciblés auront reconstitué leurs moyens d’existence et 1500 auront bénéficié de filets sociaux adaptatifs. Il est prévu que le projet impacte 198 000 personnes (50% de femmes, 30% de jeunes), ainsi que plus de 25 000 PDI et 6000 familles hôtes.
  • Le consortium Solidar Suisse et SOS Sahel International Burkina avec un projet dénommé « Projet de Renforcement de la Résilience Communautaire des ménages agrosylvopastoraux des régions du Nord et de la Boucle du Mouhoun du Burkina Faso (RESICOM) » pour un montant de 74 978 585 DKK. Le projet couvre 20 communes dans les régions du Nord (communes de Oula, Zogoré, Rambo, Namissiguima, Tangaye, Gourcy, Titao et Ouindigui) de la Boucle du Mouhoun (communes de Bourasso, Dokuy, Madouba, de Kiembara, Gomboro, Lanfiéra, Lankoué, Tougan, Ouarkoye, Gassan, Yaba et Kougny). Le projet RESICOM vise à apporter des réponses aux besoins des populations hôtes, des PDI, des femmes et des jeunes par des actions de relèvement précoce de 3000 ménages et de renforcement des moyens d’existence de 10 000 ménages vulnérables. 

Projet 3.1. Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE)

L’objectif du projet est de contribuer à la mise en œuvre de la GIRE au Burkina Faso, avec le développement de mécanismes efficaces de prévention et de gestion des conflits liés aux usages de l’eau et la promotion et l’appui à la mise en œuvre de mesures d’adaptation au changement climatique. Les effets prévisibles attendus sont : 1) une réduction significative des conflits liés à la gestion et à l’utilisation des ressources en eau ; 2) la disponibilité en suffisance de ressources en eau pour la satisfaction des besoins sociaux ; 3) l’amélioration du poids de l’eau dans la productivité économique du Burkina Faso.

Les extrants du projet sont les suivants :

  • Extrant 1 : Les conflits liés à l’eau sont prévenus grâce à la fonctionnalité de réseaux d’alerte et au suivi des usages et des risques. 
  • Extrant 2 : Les conflits liés à l’eau sont résolus pacifiquement grâce aux mécanismes institutionnels adéquats (CLE, police de l’eau, procédures d’arbitrage). 
  • Extrant 3 : La connaissance et la prévision d’exploitabilité à long terme des ressources en eau souterraine et de surface et des ressources connexes sont améliorées. 
  • Extrant 4 : Les modalités techniques d’ACC sont connues, promues et vulgarisées auprès des secteurs d’usage de l’eau, avec une priorité pour l’irrigation qui est le secteur le plus consommateur et le plus vulnérable et où les pertes d’eau sont les plus importantes (optimisation de la productivité de l’eau, réduction du gaspillage et remplacement de l’eau quand il existe des alternatives). Il s’agit de rendre les secteurs de production plus résilients face aux impacts des crises climatiques. 
  • Extrant 5 : Les ressources en eau sont protégées par de meilleurs plans de gestion et de meilleures mesures de protection, de restauration et de développement (sources, eau souterraine, gestion optimisée des barrages etc.). 

Le projet est mis en œuvre par le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement (Secrétariat Permanent pour la GIRE; Direction Générale des Ressources en Eau et les 5 Agences de l’Eau).

Projet 3.2. Hygiène et Assainissement

Le projet a pour objectif principal l’amélioration des conditions d’hygiène et d’assainissement des populations rurales, en tâchant de combler les lacunes au niveau des communautés d’accueil des personnes déplacées en interne dans les régions de la Boucle du Mouhoun, du Nord, du Centre-Nord, et de l’Est. Le projet vise à contribuer à améliorer l’accès à des services d’hygiène et d’assainissement durables et inclusifs, en soutien aux populations déplacées à l’intérieur du pays et aux populations d’accueil touchées par la crise de l’insécurité et la lutte contre la propagation de la COVID-19.

Projet 3.3. Approvisionnement en Eau Potable (AEP)

Le projet vise à contribuer à améliorer durablement et équitablement l’accès à l’eau potable au Burkina Faso. L’accès à l’eau potable est assuré et permet de renforcer la résilience des populations bénéficiaires.

  • Extrant 1 : L’accès durable et équitable au service public d’eau potable est amélioré au bénéfice des populations.
  • Extrant 2 : Un accès durable et équitable à l’eau potable est assuré par des systèmes multi-localités à travers une gestion intercommunale.
  • Extrant 3 : Les capacités des structures centrales et déconcentrées du Ministère de l’Eau et de l’Assainissement (MEA) ainsi que celles des collectivités territoriales sont renforcées dans l’exercice de leurs missions régaliennes en matière d’eau potable et d’assainissement. 

L’objectif du projet AEP est de contribuer à une amélioration durable et équitable de l’accès à l’eau potable au Burkina Faso dans la perspective d’améliorer la résilience des populations et de minimiser les conflits générés par une couverture insuffisante en eau potable et par les effets du changement climatique. D’une part, le projet apportera un appui sous la forme d’un appui budgétaire sectoriel à la réalisation des tranches annuelles d’investissement du Plan d’actions 2021-2025 du Programme National d’approvisionnement en Eau Potable (PN-AEP) 2016-2030 pour améliorer l’accès potable en milieu rural. D’autre part, le projet appuiera la mise en œuvre de la nouvelle approche du gouvernement relative à la réalisation de systèmes multi-localités en milieux rural et urbain. Finalement, un appui visant le renforcement des capacités des acteurs clefs sera fourni à une opérationnalisation du nexus humanitaire-développement dans le secteur, à la prise en compte des effets du changement climatique et à l’opérationnalisation d’une maîtrise d’ouvrage communale ou intercommunale des systèmes multi-localités.